Chers guides professionnels.

Certains d’entre-vous nous ont écrit pour critiquer notre démarche. Selon eux nous volons votre métier et nous ferions mieux de nous consacrer à d’autres œuvres.

Hypothèse : les local-trotters menacent les emplois des guides touristiques

Déjà, c’est nous donner beaucoup d’importance, mais nous vous en remercions. Mais soit, prenons cette hypothèse. La réponse serait naturellement : « et alors ? ».

Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas.

Ce que l’on verrait, ce serait des guides touristiques au chômage à cause de ces infâmes local-trotters qui proposent des visites gratuites pour, tenez-vous bien, 0€.

Ce que l’on ne verrait pas, ce serait l’argent ainsi économisé par les touristes, en tout cas par ceux qui auraient payé un guide pour une visite.

Cet argent économisé pourrait alors être dépensé ailleurs. Ainsi notre heureux touriste achèterait des souvenirs qu’il ne se serait pas offert s’il avait eu à se payer une visite de la ville. Peut-être optera-t-il pour un repas ou une chambre un peu plus chère. Peut-être rallongera-t-il son séjour ? Peut-être est-il même venu à Strasbourg grâce à la visite guidée gratuite !

Ainsi, si le guide professionnel pourra nous maudire, les hôteliers, restaurateurs et vendeurs de souvenirs, eux, nous écriront peut-être pour nous remercier !

Notre impact économique se révélerait alors, au pire, nul. Ce que nous aurons fait perdre aux uns, d’autres le gagneront.

Si nous faire arrêter notre hobby pour bénéficier à l’emploi en général avait un sens, alors… Briser toutes les fenêtres de France pour créer de l’emploi chez les vitriers serait un argument valable.

Amateurs versus professionnels

L’hypothèse elle-même est farfelue. Comment des amateurs pourraient-ils menacer des professionnels, qui offrent forcément une meilleure prestation au moins à quelques égards ? D’autant plus qu’à chaque début de visite, nous précisons que nous ne sommes pas des guides professionnels, que nous n’avons aucun diplôme en ce sens. Nous refusons aussi les groupes trop importants, nous n’avons simplement ni l’envie ni les compétences pour de telles charges.

Si le professionnel du tourisme a peur de nous, alors il peut se poser quelques questions le concernant ! Mais ce n’est pas à nous, local-trotters, qu’il faudra reprocher quoique ce soit.

Comparaison

Reprenons notre hypothèse : les guides amateurs, qui proposent des visites gratuites d’une ville, nuisent aux guides professionnels qui facturent cette prestation. Sous prétexte que nous nuisons à ces professionnels, faut-il pour autant nous faire la morale, souhaiter nous interdire ou nous faire la guerre ?

Car, après tout, si l’on suit ce raisonnement, les parents qui aident leurs enfants à faire leurs devoirs ne font jamais que nuire aux professionnels du soutien scolaire ! Ou bien vous-même, lorsque vous cuisinez gratos votre petit plat pour une soirée entre amis, vous nuisez aux restaurateurs ! Et l’auto-stop, quel impact négatif pour les taxis !

Il y a de quoi faire la morale à toutes celles et ceux qui proposent gratuitement quelque chose. Pour aider, pour dépanner, pour un plaisir mutuel.

Vive le gratuit  !

Même si cette hypothèse farfelue s’avérait être fondée, nous continuerons tout de même à proposer des visites gratuites de la ville. Nous rencontrons des gens sympathiques, nous partageons notre passion, notre regard de la ville et, surtout, égoïstes que nous sommes, le regard émerveillé de nos visiteurs nous permet d’entretenir notre flamme envers notre localité !

Cela nous prend du temps d’assurer une visite, et nous le faisons gratuitement, mais quel plaisir !

Réalité : les local-trotters ne nuisent pas aux guides professionnels

C’est un simple constat. Qui visite Strasbourg avec nous ?

  • Des petits groupes : parfois c’est même une visite individuelle, souvent ce sont des couples ou des petits groupes d’amis. Nous ne pouvons rien faire avec des gros groupes (qui peuvent d’ailleurs répartir le coût induit par le professionnel).
  • Des touristes qui viennent de plus ou moins loin, qui ont l’argent pour venir et dormir sur place… mais qui nous avouent être réfractaire à l’idée de visiter une ville avec un guide professionnel. Visiter avec un habitant, amateur, qui ne fait pas cela contre argent, cela change totalement la relation et la nature de la visite. Et, comme expliqué avant, nous ne faisons pas la même chose que vous, chers professionnels. Ce sont deux offres différentes qui correspondent à deux attentes différentes.
  • Des étudiants d’Europe principalement, mais aussi d’ailleurs… ces étudiants qui mangent des pâtes à longueur de journée peuvent-ils mettre la main au porte-feuille pour visiter une ville, même en formant un groupe ? En ont-ils envie ? Avec nous ils sont avec des jeunes (ce qui est moins intimidant), et la gratuité a non seulement l’avantage de les faire moins hésiter, mais surtout de donner un côté informel à la visite, presque amical. C’est un peu comme s’ils visitaient la ville avec quelqu’un qu’ils connaissaient.
  • Les gens « de la place », les locaux, les habitants n’ont déjà pas le réflexe de s’intéresser à leur ville, de la visiter. Mais alors payer pour un guide !? C’est rare. Lorsqu’ils découvrent que les local-trotters proposent des visites gratuites, pour eux, ce n’est jamais, au pire, que du temps perdu. Alors ils se disent « pourquoi pas ? »
  • Certains habitants qui visitent la ville avec nous ne sont pas particulièrement fortunés. Ils ont d’autres préoccupations que de visiter leur ville avec un professionnel à rémunérer. Grâce à nous c’est simplement accessible. Devons-nous leur dire « non » sous-prétexte que cela ne plaît pas à certains professionnels ?

Ce sont là 5 raisons qui expliquent pourquoi nos visiteurs sont très rarement votre clientèle. Il n’y a donc pas de quoi s’inquiéter, mais au contraire vous feriez mieux de nous encourager ! Un jeune étudiant, qui visite une ville avec un amateur, sera peut-être plus enclin à payer un guide professionnel la prochaine fois lorsqu’il aura les revenus pour !

Nous sommes une sorte de produit d’appel et non un produit-cannibal !

Enfin, chers professionnels du tourisme, si vous nous écrivez pour nous critiquer, n’oubliez pas que ce sont des êtres humains qui lisent vos courriels. Nous vous serions donc très reconnaissant de garder un minimum de retenue, surtout lorsque vous écrivez de manière anonyme.

15 Responses

  1. Bonsoir,

    En lisant cette lettre, en tant que professionnel du guidage et du tourisme, je suis partagé.

    Soit, les publics ne seront pas nécessairement les même;soit une première approche favorisera autre chose…
    Cependant il est évident que, là où il y a du gratuit, le payant pâtit… Je ne dépends plus aujourd’hui du guidage pour vivre, après 6 ans à essayer de boucler les fins de mois dignement. Dans les conditions infâmantes -qui sont souvent celles des guides- pas étonnant que les gens ne supportent pas les chemins qui détournent leur clientèle, du moins partiellement.
    Libéraliser, se démener, créer son entreprise: soit, mais pour cela il faut un capital de base or, de nos jours, les guides ne sont plus -dans leur grande majorité- des femmes de médecins ou d’ingénieurs, mais des gens devant vivre de leur activité et sans revenu, on fait quoi? On ne crée rien!
    Il est donc évident que lorsque l’on passe des examens et des épreuves d’habilitation -assez salées- (personnellement un Diplôme National de Guide Interprète National avec 3 langues + deux habilitations de Guide Conférencier des Villes et Pays d’Art et d’Histoire) on l’a mauvaise quand on a l’impression que d’autres -non qualifiés officiellement- passent rafler gratuitement de potentiels clients…
    La théorie de l’impact économique nul, allez donc en parler à ceux qui ont du mal à manger des pâtes et à payer le loyer de l’appart déjà difficilement acquis car contrats précaires… Que le restaurateur possédant trois enseignes au rendement industriel s’enrichisse, dans ce cas là, peu importe….

    Aujourd’hui que je peux assurer ma vie quotidienne par des revenus autres que le guidage, je n’envisage pas de faire du gratuit ou de m’établir à mon compte, par déontologie: je refuse de prendre le travail de ceux qui doivent en vivre…
    Et pourtant la passion est là, l’amour pour a ville et ma région sont là, mais non!

    On pourra discuter du fond tant que l’on voudra, chacun trouvera midi à sa porte. Sur la forme, cependant, je vous demande de faire attention… Lors que vous dîtes:
     » Pour autant, nous ne sommes pas des professionnels du tourisme, mais d’authentiques local-trotters, ce qui implique des choses bien plus fortes : yeux qui pétillent, coeur qui bat, mains qui s’agitent.  » ==> cela implique que NOUS, guides professionnels, ne faisons rien ressentir, sommes statiques, notre cœur ne bat pas… contrairement à VOUS… Et ça, ça fait très mal, surtout lorsque l’on exerce dans des conditions pénibles et précaires.
    Il y a du bon et du mauvais partout, allez donc voir des guides professionnels, vous y trouverez des passionnés, des fous amoureux de leur patrimoine, des gens qui vous donnent la bougeotte, des gens qui ne comptent pas leurs heures et qui vivent leur métier, des pédagogues, des communicants nés, des femmes et des hommes entiers qui ont des cœurs et ressentent… Je vous en prie, ne généralisez pas et ne faites pas le jeu des clichés…

    Finalement, pour travailler en service visites guidées en Office de Tourisme, je peux vous assurer que les tarifs sont bien moindres que ceux que vous annoncez, pas besoin de faire peur…

    Bonne soirée

    Olivier Duhamel
    Guide Interprète National
    Guide Conférencier des Villes et Pays d’Art et d’Histoire

  2. Bonsoir,

    Je rejoins Mr Olivier Duhamel et je suis surpris par vos propos, je pense que vous mélangez beaucoup de choses, surtout lorsque vous comparez l’aide des parents sur les devoirs de leur enfants ou encore une personne qui invite ses amis à dîner chez lui à une activité professionnelle, à une visite guidée de la ville par un guide professionnel, c’est un contexte différent qui relève de la sphère privé et qui n’a rien a voir avec le domaine public sur lequel vous agissez.
    Le plus grave, à mon avis, est un risque de décrédibilisation du métier de guide, même si vous annoncez en début de visite que vous êtes un non professionnel, si les personnes apprécient la visite, ils vont se demander pourquoi payer puisqu’on peut avoir « la même chose gratuitement ! ». Et par la même, ils vont se dire que ce n’est pas un vrai métier guide, comme les personnes, dont je fais parti, qui ont fait ses études afin d’obtenir cette carte profesionnelle de guide interprète national et qui l’ont même parfois complété par un autre concours.
    Le métier de guide est trop souvent déconsidéré, plusieurs fois, lorsque j’étais avec des groupes lors de visites, on me demandait quel était mon métier ?
    C’est contre ça que nous nous battons, pour une reconnaissance de notre profession.

    Je reviens sur vos arguments, cités plus haut et surtout sur le prix des visites guidées pour les individuels. Je travaille aussi dans un office de tourisme et nous proposons des visite guidées à 2.00€ pour les personnes à faibles revenus, est-ce trop cher ?

    Une autre chose, je rejoins mon ami Olivier, les guides ne sont pas des vieux !! C’est un cliché justement véhiculé par ces personnes qui accompagnent les groupes et qui ne sont ni guides ni accompagnateurs professionnels.

    Une question pour finir : pourquoi ne suivez-vous pas une formation pour guider et informer les personnes au mieux ? Ne dit-on profesionnel du tourisme ? Pensez-vous que tous les métiers du tourisme sont ouverts à tout le monde sans diplôme ?

    Bonsoir

    Malik Ben Mala
    Guide Interprète National

  3. Bonsoir à nouveau,

    Le tarif que vous annonciez me semblait assez dément, je suis donc allé rechercher chez mes collègues de Strasbourg les tarifs groupes et individuels, vous les trouverez ci-dessous:

    Individuels: http://www.otstrasbourg.fr/article.php?id_article=793&url_ret=rubrique.php%3Fid_rubrique%3D48

    Groupes: http://www.otstrasbourg.fr/IMG/pdf/2011_-_Tarifs_V_G_F_.pdf

    Vous y verrez donc que ce que vous annoncez (95€/h) n’est donc pas une réalité pour les publics susceptibles de vous suivre…
    Vous noterez en effet que le tarif réduit pour les visites « individuels regroupés » est de 3,40€ (contre 6,80€ tarif plein). l’OT est donc loin de spolier ses clients.

    Pour les tarifs groupes, prenez donc une heure à 95€, divisez-là par 25 (chiffre maximum moyen) et vous aurez un prix de 3,80€ par participant… Sachant que ce type de prestation est proposé aux associations, CE etc… rien de bien cher… Quand on voit le coût d’un car tourisme à la journée (au minimum 600€), bien plus conséquent, je propose donc à de gentils conducteurs, afin de soulager les aimables visiteurs, de prendre les groupes en stop, comme vous le dîtes, cela ne nuira pas, c’est cela non?

    De plus, outre ces considérations « services groupes », sachez qu’entre le tarif payé à l’Office et la rémunération guide, il n’y a strictement rien à voir… Spécifiez donc bien le bon destinataire des tarifs indiqués… Encore une fois, la forme est essentielle dans la communication et des termes erronés font des ravages dans l’imaginaire collectif. Merci d’en tenir compte.

    Bien cordialement

    Olivier Duhamel
    Guide Interprète National
    Guide Conférencier des Villes et Pays d’Art et d’Histoire

  4. Olivier, Malik, merci pour vos interventions.

    Tout d’abord j’aimerai poser une question. Pourquoi partir d’emblée sur l’idée de concurrence plutôt que sur celle de coopération ?

    Sachez que nous sommes en relation avec le Service éducatif des musées de Strasbourg qui approuve notre initiative et nous soutient en nous proposant des visites de leurs musées (en privé pour nous) pour que nous puissions mieux conseilleurs nos visiteurs.

    Je vais tenter de répondre à quelques uns de vos points.

    1) Le prix
Cher, pas cher l’OT ? Le fait est que ce n’est ni à vous ni à moi d’en juger, mais bien aux touristes. À l’OT de faire comprendre la valeur ajoutée.

    C’est clair qu’on peut s’en sortir pour quelques euros.

    Pour vous dire, quand même, ceux qui nous trouvent depuis les moteurs de recherche écrivent généralement « visite guidée gratuite Strasbourg » ou bien « visite gratuite Strasbourg » ou bien « que faire gratuitement à Strasbourg », etc. La notion de gratuit est récurrente. Nous n’avons pas eu de visites grâce à « pas cher », « bon marché », « pour quelques € ».

    «sachez qu’entre le tarif payé à l’Office et la rémunération guide, il n’y a strictement rien à voir…»
Ca je le sais bien, mais figurez-vous que ce qui compte pour le client, c’est bien l’argent qu’il dépense et non la manière dont il est réparti.

    2) La différence pro/amateur
C’est une réalité. Nous ne gérons pas les gros groupes (vous oui), nous ne sommes pas rigoureux (vous oui), nous n’avons pas de supports comme des classeurs, etc. (vous oui, souvent), vous êtes formé pour vous adapter aux attentes de vos clients, vous avez plus d’infos que nous, etc.

    Donc, il est évident que vous avez une valeur ajoutée face à nous. Après, à vous et vos OT de parvenir à communiquer à ce niveau. On ne s’est jamais dit meilleur que des professionnels… Au contraire, nous avancer comme non-professionnel nous aide à justifier le fait que « si nous ne savons pas, nous vous le disons et nous n’en n’avons pas honte ». Message : si vous voulez tout savoir sur Stras, allez chez un pro !

    Néanmoins, je suis désolé de vous l’apprendre, mais parmi nos visiteurs il y a des déçus des professionnels. Pour ces gens-là, nos motivations (non-pécunnières) sont un gage d’authenticité et de passion. Pas de savoir ni de rigueur.

    D’ailleurs, la chose amusante au sujet du professionnalisme. On nous a dit il y a quelques temps que notre site web tout beau tout propre faisait pro et donc……. que la première impression était que nous n’étions pas des amateurs. En gros il nous faudrait un site tout moche pour être crédible !

    « cela implique que NOUS, guides professionnels, ne faisons rien ressentir, sommes statiques, notre cœur ne bat pas…»
Certes je le comprends. Notre objectif n’est en rien de dénigrer les professionnels. Je reformulerai ce passage.

    3) Le diplôme
«Pensez-vous que tous les métiers du tourisme sont ouverts à tout le monde sans diplôme ?»
Cela devrait être le cas. Un diplôme ne doit pas donner un droit d’exercer (sauf pour certains métiers comme la médecine), il doit apporter une valeur ajoutée qui doit être mise en valeur, tout simplement. Tout comme la bonne réputation aide le bouche-à-oreille.

    «Une question pour finir : pourquoi ne suivez-vous pas une formation pour guider et informer les personnes au mieux ?»
Parce que mon objectif n’est pas de les informer au mieux, mais de leur faire aimer Strasbourg. L’information n’est qu’un outil. Et il ne faut pas trop leur en dire, il faut simplement attiser leur curiosité. C’est ce que nous tentons de faire.

    De plus, j’ai un travail et je ne souhaite pas en changer. Et puis, il ne faut pas croire, nous ne faisons pas des visites à longueur de journée !

  5. Et puis je pense qu’il y a un autre facteur… subjectif. Comme avec nous, d’emblée, il n’y pas d’argent, pas d’office officiel… Cela devient dès le début très informel.

    On nous écrit de 4 jours à 4 mois à l’avance… « Êtes-vous dispo le … ? » et voilà. Nos visiteurs ne passent pas commande.

    Votre étiquette de professionnel vous permet des choses que nous ne pouvons pas nous permettre (gros groupes, visites payantes, qualité assurée, argumentaire de vente) et que nous ne souhaitons même pas. L’inconvénient c’est que ce mot, « professionnel » fait peur à certains comme « amateur » en rebute d’autres.

    Et donc, si nous n’existions pas…. Nos visiteurs auraient visité Strasbourg tout seuls avec leur guide en papier ! Je vous l’assure, pas un n’aurait fait appel à un guide professionnel.

    Encore une fois, nos visiteurs ne sont pas votre clientèle !

    Petite anecdote perso. J’ai « toujours » été fermé aux arts moderne et contemporain. Depuis que j’ai visité le MAMCS avec le service éducatif, j’ai complètement changé d’attitude. Et, pour moi c’est clair, je ne visiterai ce genre de musées qu’avec un guide, parce que la valeur ajoutée est énorme.

  6. Xavier,

    Merci pour votre réponse.

    Il est évident que lorsque des personnes ont des points de vue différents, même si la discussion ne parvient pas à effacer les différences, elle a au moins le bénéfice de limiter les points d’incompréhension.

    Vous avez raison, nos clientèles ne sont pas toujours les mêmes, mais parfois oui. Je comprends bien la différence que vous pouvez énoncer entre nos deux activités et je ne suis pas radicalement opposé à une découverte plus qu’informelle d’un quartier, d’un pays avec un habitant… Cependant, et malheureusement, beaucoup de greeters sortent de ce cadre informel et font du patrimonial, de la lecture d’architecture, commentent dans des monuments historiques… Et ça, c’est bien notre travail, ou de moins ce qui en est au cœur.

    Si on ne peut pas parler de concurrence, en l’occurrence on peut cependant parler d’effet de nuisance (même si involontaire).
    Et ce du fait que les vocabulaires utilisés sont parfois les mêmes et les démarches elles-même se parasitent…
    En effet vous partagez un vocabulaire commun au nôtre et les gens associent vos ballades à des visites… Peut-être que cette distinction « balade/visite » permettrait d’y voir plus clair.
    Pour ce qui est des démarches, on pourra en discuter autant qu’on le voudra, mais le gratuit supplantera toujours le payant -même pas cher- en cas de proposition parallèle…

    « cela implique que NOUS, guides professionnels, ne faisons rien ressentir, sommes statiques, notre cœur ne bat pas…»
Certes je le comprends. Notre objectif n’est en rien de dénigrer les professionnels. Je reformulerai ce passage. ===> je vous remercie, car il s’agit là de l’une des blessures les plus vives de la « corporation » des guides, atteints non seulement en tant que guident, mais aussi en tant que personnes…
    Je crois que si les assos de greeters et les institutionnels les encadrant de-ci de-là faisait attention à leur manière de communiquer, une bonne partie des tensions se dégonflerait comme un soufflet… Les discours comparatifs nuisent toujours à quelqu’un… Et créent toujours un mal-être.
    Croyez-moi, c’est déjà dur au quotidien de faire valoir notre profession en tant que métier, de faire oublier des générations de guides poussiéreux, et/ou élitistes et/ou fortunés mais guidant pour le plaisir… Nous y parvenons à peine avec la jeune génération de Guides Interprètes et Guides Conférenciers…
    Alors au lieu d’accepter les commentaires des gens comme « oh les guides tous les mêmes… Il bossent pour les sous… Ils sont chiants… etc » ne leur dîtes pas « oui mais nous…. » dîtes leur que cela n’est pas toujours vérité vraie, car qui ne dit mot consent ;o)

    Merci et bonne soirée

    Olivier Duhamel
    Guide Interprète National
    Guide Conférencier des Villes et Pays d’Art et d’Histoire

  7. @Olivier
    Pas de soucis pour les fautes (en revanche nous ne sommes pas affiliés aux greeters).

    Je comprends tout à fait votre point de vue.

    Lorsque nous faisons visiter Strasbourg, nous ne pouvons pas ne pas rentrer dans la cathédrale (monument historique).

    Si je comprends bien, vous, guides pro, n’avez pas le droit de rentrer dans les musées ? J’imagine… qu’ils considèrent que vos services payants cannibalisent les leurs !

    Quoiqu’il en soit, cela me fait vaguement penser à la crise des disquaires, confrontés au peer-to-peer, aux plate-formes web type iTunes.

    Jusqu’à présent, à force de lois notamment, ils ont combattu les alternatives qui se présentent. Cela ne donne rien et, pire, ils se mettent à dos les consommateurs.

    Certains disquaires ou artistes décident d’aborder autrement le problème, deviennent pro-actif et font preuve d’originalité. Ils se spécialisent aussi.

    En ce sens, je pense que, plutôt que d’essayer de nous mettre des bâtons dans les roues (je ne parle pas spécifiquement de vous), de nous faire la morale plus ou moins finement, etc. pour conserver le statuo quo du monde connu, je suis convaincu que les guides professionnels feraient mieux de s’adapter et de s’organiser pour :
    - communiquer sur leur valeur ajoutée,
    - se spécialiser sur des thèmes et périodes (ce que nous ne faisons pas car moins informés), sur les gros groupes (qui sont hors de notre portée), sur des services à valeur ajoutée (réservation d’hôtel, aide à la préparation du voyage) et sur des visites plus complètes (nous dépassons rarement les 3h30) ou plus précises (nous ne faisons jamais en-dessous de 2h),
    - communiquer pour modifier l’image qu’ont les gens de vous.

    Ce sont juste des idées.

    Or quand je lis les courriels que je reçois, j’ai l’impression d’avoir en face de moi une sorte de corporation (au sens moyenâgeux) qui tente de se réserver tout ce qui touche aux visites.

    Dans d’autres domaines on constate à chaque fois que ce qui constitue alors une sorte d’élite bénéficie de la situation, mais que les clients/consommateurs sont les grands perdants de l’histoire.

    On voit de plus en plus de sites qui référencent des guides amateurs (ou bien des professionnels improvisés donc non-diplômés)… Y a-t-il seulement un site populaire qui référence les guides diplômes, détaille leurs prestations, permet aux gens de donner leur avis, etc. ?

    En passant, je n’ai jamais visité Strasbourg avec un guide payant. Mais j’ai été présent dans quelques visites gratuites assurées par des professionnels (organisées par la fondation de l’Œuvre Notre-Dame). À chaque fois j’en ai pris connaissance par le bouche-à-oreille… Pourtant une simple petite pub’ dans le journal permettrait aux gens d’en entendre parler, de constater comment ça se passe une visite dirigée par un pro… Une sorte de dégustation.

    Bref, au risque de me répéter, nous ne sommes pas tout à fait sur le même « créneau », ni sur la même « offre » et je trouve trop facile de nous mettre sur le dos la situation de votre profession.

    «le gratuit supplantera toujours le payant -même pas cher- en cas de proposition parallèle…»
    Les journaux payants se vendent toujours, malgré la distribution omniprésente des quotidiens gratuits.

    Malgré l’aide gratuite des parents, ceux-ci font souvent appel aux professionnels du soutiens scolaire.

    Il me semble que les choses ne sont pas si simples.

    Bref. Au-delà de la visite, de la balade ou de la découverte de la ville, pour nous c’est aussi une manière de parler avec les étrangers, de représenter notre région, de montrer que de simples habitants s’intéressent à leur ville, souhaite partager leur regard, aller à la rencontre de l’autre. C’est une démarche qui va au-delà de la simple « visite guidée ».

    Cela n’empêche pas les professionnels de s’inscrire dans une démarche identique, mais la présence d’un € symbolique change totalement la nature de la relation (cela ne l’empêche pas d’être belle, profonde, etc.).

    Cet €, je pense que c’est inéluctable, fera qu’il y aura toujours du côté du client un a priori sur l’intérêt financier du guide, tandis qu’une base gratuite (évidemment sans publicité, etc.) est un gage d’authenticité. Ce même € fait aussi qu’il y a une attente de rigueur, de professionnalisme.

    Donc, au final, pour segmenter les touristes (locaux comme étrangers), il y a :
    - ceux qui souhaitent de l’authentique garanti, même si la rigueur et la qualité en pâtit,
    - ceux qui souhaitent du contenu et être considéré comme client (le client est roi), qui veulent en avoir pour leur argent,
    - ceux qui se content de se promener dans une ville (sans doute l’écrasante majorité) avec quelques livres.

    Ces derniers, puisque nous sommes gratuit, se diront peut-être « pourquoi pas ? ». Après notre visite, peut-être se diront-ils « cet amateur s’en est sorti, avec un pro cela doit être encore mieux, alors pourquoi pas ? »

    Pour nos prochaines visites on demandera aux gens s’ils ont déjà visité avec un guide pro et, surtout, si après notre visite ils envisagent de faire appel à un professionnel. ;)

    J’espère ne pas oublier de vous écrire pour vous donner les résultats si nous avons assez de réponses.

  8.  » Pour nos prochaines visites on demandera aux gens s’ils ont déjà visité avec un guide pro et, surtout, si après notre visite ils envisagent de faire appel à un professionnel. ;)  »

    ===> merci pour cette démarche ;o)

    « J’espère ne pas oublier de vous écrire pour vous donner les résultats si nous avons assez de réponses. »

    ===> J’espère ne pas oublier de vous demander ;o) Sans plaisanterie, je suis preneur ;o)

  9. Messieurs bonsoir,
    Pfiu je viens de tout lire d’un coup, permettez moi de donner mon humble avis, qui n’est qu’un avis sans animosité aucune ni prétention.
    Je vous donne déja quelques infos perso histoire de dresser le portrait d’une guide ‘ordinaire’, histoire de savoir à qui on s’adresse : j’ai 27 ans et j’exerce le métier de guide depuis bientôt 4 ans, j’ai fait 6 ans de fac ( langues, histoire de l’art et DGIN) et j’adore mon métier.
    C’est d’ailleurs à mon avis LA condition pour etre guide, et je rejoins Olivier à ce sujet: on ne fait pas ce métier si on n’est pas passionnés ou par hasard, on le choisit!! Sans passion qui voudrait se lancer dans une situation si précaire? Parce qu’elle l’est, croyez-moi, et l’impact commercial sur les restaurateurs oui on s’en fiche un peu!
    Après bien sûr on aime des sites ou des thèmes plus que d’autres, comme dans tout métier d’ailleurs, mais le travail est le même et la relation avec les gens est bien réelle.
    Notre travail justement n’est pas que ‘transmettre du savoir’ comme je crois l’avoir lu quelque part, c’est qd même un peu plus complexe, on n’est pas des machines à répéter bêtement des faits.
    Voilà je pense juste être assez représentative de la réalité des guides ( je n’aime pas trop d’ailleurs l’emploi du mot corporation). J’ai la chance de pouvoir vivre de mon métier car je travaille dans une zone très attractive, cad la Bretagne et surtout le Mont st michel, mais c’est loin d’être le cas de tous, je crois que vous n’imaginez pas à quel point il est difficile de s’en sortir financièrement de façon correcte. Il faut multiplier les employeurs, les contrats, se diversifier…. ce qui n’est pas une mince affaire!
    Et oui c’est vrai que notre métier manque de considération, mais je le maintiens c’est un métier pour de vrai, et oui il nécessite une formation, le coup du n’importe-qui-peut-bosser-dans-le-tourisme , ça me fait doucement rigoler… je ne vais pas faire le métier des autres juste parce que j’ai envie non plus!!

    Voilà pour mes remarques qui je l’espère auront apporté un peu d’eau au moulin, ceci dit je ne considère pas les  » local trotters » ou greeters comme des ennemis, je comprend l’initiative, c’est dans l’air du temps ms arrétez juste de parler comme ça du rapport à l’argent dans les visites pros; regardez autour de vous tout se paie et s’achète et on a un loyer à payer comme tout le monde, on reproche pas au boulanger de faire payer son pain il faut bien gagner sa vie!!

    De toute façon on peut continuer ces échanges de gentillesse pendant des mois ça ne fera pas avancer la chose, tant que lles autorités compétentes ne font rien pour nous faciliter la tâche à nous professionnels et nous permettre de cohabiter… On voit des guides sans carte toutes les semaines dans l’abbaye du MSM par exemple, ce qui est interdit par la loi, mais tant qu’il n’y aura pas un vrai contrôle dans les sites comme les monuments histo ou les musées, ni une vraie reconnaissance de notre statut par les mêmes autorités compétentes, s’énerver ce n’est que donner des coups d’épée dan sl’eau…

    Pour conclure il est évident pour moi que le problème de notre métier se situe bien plus haut que le débat guide pro/ guide amateur. Oui il faut tout faire pour sauvegarder notre métier mais tout se joue ailleurs, déja se bouger pour se faire reconnaitre dans son site principal ( on est en plein dedans au mont c’est pas une partie de rigolade…).

    Bref, je ne sais pas si mon avis vous a apporté quelque chose, je l’espère sincèrement, en tous les cas je vous souhaite une bonne soirée :)

  10. Bonsoir !
    Heureusement qu’il y a cette discussion, cet échange de points de vue. Alors que la Lettre ouverte, elle, est tout de même assez polémique. D’ailleurs ça commence fort de café, mais j’imagine que c’est voulu et peut-être du aux courriers reçus qui étaient éventuellement assez gratinés aussi (vu la remarque vers la fin).

    D’après moi, le gratuit n’est jamais tout à fait gratuit. On paie toujours d’une manière ou d’une autre, ne serait-ce que de sa personne (c’est-à-dire son temps). Et la question que je me posais: comment faites-vous pour avoir un site si attrayant (et, vous le dites vous-même, qui fait pro), alors que vous n’avez prétendument pas d’argent pour. Bien sûr, là encore le bénévolat peut intervenir. Mais dans ce cas: à quoi servent les dons qu’on peut vous faire ?

    Ce que je veux dire: l’argent est bien le nerf de la guerre. Et si vous n’aviez pas de métier par ailleurs, vous ne pourriez certainement pas proposer de visites gratuites, n’est-ce pas ?

    Merci, mille mercis vraiment de laisser les gros groupes aux guides pros… qui aimeraient bien aussi avoir de petits groupes, bien plus attentifs en général. A vous le sur mesure, à nous le tourisme de masse ?! D’accord, j’exagère, mais avouez que votre discours s’y prête.

    Ensuite, effectivement je rejoins Aurélia sur ce point, c’est plutôt aux autorités, aux institutions de faire en sorte que notre métier soit reconnu.

    Bon, voilà quelques réflexions en vrac. Bonne nuit ou bonne journée (c’est selon).

  11. @Aurélia,
    «arrétez juste de parler comme ça du rapport à l’argent dans les visites pros»
    Ce n’est pas nous qui le disons Aurélia, c’est juste la perception de beaucoup de personnes. Ne faut-il pas en tenir compte ? Que ce soit vrai ou non.

    «une vraie reconnaissance de notre statut par les mêmes autorités compétentes»
    L’important ce n’est pas la reconnaissance du public ? Moi c’est ce point-ci qui me désole un peu, c’est pour ça que je parle de « corporation ».

    @Elbée
    «Heureusement qu’il y a cette discussion, cet échange de points de vue. Alors que la Lettre ouverte, elle, est tout de même assez polémique. D’ailleurs ça commence fort de café, mais j’imagine que c’est voulu et peut-être du aux courriers reçus qui étaient éventuellement assez gratinés aussi»
    Oui franchement, se faire traiter de « pilleur de tombe », de « gens sans scrupules »… alors que notre démarche n’est pas orientée contre les pros, mais à la base vers nos amis, puis les amis de nos amis, puis des inconnus, ce n’est pas agréable.

    Quoiqu’il en soit je me rejouis du débat qui prend forme sur cette page car les contributions sont très intéressantes. Je commençais réellement à avoir une image très négative des professionnels et je suis ravi de voir que vous relevez tous admirablement le niveau, même si nous ne sommes pas forcément d’accord.

    Concernant le site, c’est du WordPress (gratuit) avec un magnifique thème de Digitalnature, gratuit, légèrement personnalisé. Niveau hébergement c’est sur mon serveur personnel que j’utilise pour d’autres sites. Nous n’avons eu aucun don jusqu’à présent, c’est plus une manière d’appuyer le fait… que c’est bel et bien une démarche gratuite. Si don il y a, déjà faut voir le montant, mais a priori ce serait pour compenser l’hébergement du site (parce qu’il est clair que la pub’ ne rapporte rien).

    «Merci, mille mercis vraiment de laisser les gros groupes aux guides pros… qui aimeraient bien aussi avoir de petits groupes, bien plus attentifs en général.»
    Mais le problème, c’est que pour un couple, un guide pro pour eux seuls cela peut revenir cher. Et puis, je ne sais pas vous, mais moi c’est le genre de choses qui me gênent (d’avoir à disposition presque personnelle quelqu’un… comme dans un resto gastronomique avec plein de serveurs autour d’une table, le service est tip-top, mais ça me gêne). Quand j’ai été dans des cours de ski, cela a toujours été dans de gros groupes, je n’ai jamais eu le goût d’avoir un prof’ à moi tout seul ou presque. Question de personnalité. À l’inverse j’ai une amie qui fut prof’ de ski, je pourrai aller skier juste avec elle sans problème… c’est un rapport amical, c’est différent.

    Pour nous c’est presque comme faire des visites pour des amis… et on ne leur a jamais fait payer (on nous offre un verre généralement).

  12. Bonjour les amis…des amis, des amis qui ne sont pas forcémént mes amis, enfin je divague, pardon.
    Je vois bien que ces visites sont très liées à cette nouvelle notion d’ami comme on peut la trouver sur facebook ou ailleurs dans les réseaux sociaux. Donc, ce sont tout de même souvent des gens que vous ne connaissez pas ou très peu (à travers les échanges de mail par exemple). Ce qui fait que je ne vois pas pourquoi vous seriez moins gêné que si c’était une visite payante. Mais soit (les expériences et ressentis peuvent être différents, c’est sûr).

    Vous avez bien une profession, n’est-ce pas ? Si quelqu’un arrivait et proposait les mêmes services que vous gratuitement, en disant en plus que c’est bien mieux (plus convivial, que sais-je encore), vous applaudirez des deux mains ?

    La reconnaissance du public, c’est très bien, mais, comme le dit Aurélia, nous ne vivons pas encore d’air et d’eau fraîche. Alors ça fait peut-être syndicaliste de la vieille garde ou soixante-huitard attardé, mais nous nous devons de défendre notre métier et nos emplois (qui sont déjà précaires). Et ce, même auprès des autorités qui ont bien règlementé la profession, mais n’en tiennent pas forcément compte elles-mêmes. Bien sûr, vous n’y êtes pour rien, mais il se trouve que du coup nous sommes peut-être devenus hyper-sensibles et pointilleux.

    Vous l’avez compris, je pense, pour l’avoir expérimenté: personne ne souhaite voir dénigrer son métier (qui dans le cas présent est sa passion, qui plus est). Et le dénigrement passe parfois par de drôles de sous-entendus, mais cela a déjà été relevé par Olivier, je ne vais pas remettre une couche.

    Je voulais revenir à votre idée de « produit d’appel ». C’est sympathique, je doute un peu que ce soit ça, mais pourquoi pas ? Faut voir. J’espère donc que vous allez réellement parler de notre métier, sans à priori ou sous-entendus.

    Pardon, j’ai l’impression que c’est un peu décousu – cette petite case réservée aux commentaires rend la relecture un peu difficile.

  13. @Elbée
    «Vous avez bien une profession, n’est-ce pas ? Si quelqu’un arrivait et proposait les mêmes services que vous gratuitement, en disant en plus que c’est bien mieux»
    Le fait est que, d’une certaine manière, c’est le cas. Il n’y a qu’une chose à faire : proposer encore mieux pour justifier le prix. Tout simplement.

    «Je voulais revenir à votre idée de « produit d’appel ». C’est sympathique, je doute un peu que ce soit ça, »
    C’est juste du marketing. C’est comme une dégustation gratuite dans le supermarché. Pourquoi acceptez-vous de goûter ? Parce que c’est gratuit. Peut-être n’achèterez-vous pas le produit, mais le fait est que la probabilité d’achat sera plus importante (à moins que ce soit dégueulasse).

    Ici c’est le même principe. J’ai eu l’occasion de visiter le MAMCS avec une guide excellente, visite proposée gratuitement… Cela m’a tellement plus que si j’en ai l’occasion, j’hésiterai beaucoup moins pour payer une telle prestation.

    «J’espère donc que vous allez réellement parler de notre métier, sans à priori ou sous-entendus.»
    Nous sommes un produit d’appel, certainement pas des commerciaux. ;) C’est aussi à vous de vous vendre. Et, personnellement, si vous écrivez à nos visiteurs pour leur dire « vous avez aimé l’expérience local-trotter ? et bien avec nous pour quelques € ce sera différent et mieux », je n’y verrai aucun soucis. À vous de convaincre les touristes.

    Donc, au final, je pense que la seule solution pour qu’on vous soit bénéfique, c’est d’exploiter nos succès, tout simplement. « Vous ne pensiez pas qu’un guide amateur serait bien, imaginez donc avec un pro ! »

    Le fait est que contester notre initiative… ne changera rien. Alors pourquoi râler ?

    Quant au gouvernement, je serai à votre place, je me battrai pour libéraliser la profession, pour que le diplôme soit un argument de vente, un gage de qualité, et pas un droit d’exercer (vous n’êtes pas des médecins).